Le Baptistère

Un des plus anciens édifices religieux de France

Relié autrefois à l'église par un couloir voûté de plein cintre, le baptistère est un bel édifice. Son plan est en forme de croix grecque, l'espace central s'ouvre sur quatre absides englobées dans des massifs quadrangulaires; le décor d'arcatures aveugles reposant sur des colonnes romaines de réemploi.

Dans le sol se trouve l'emplacement très ancien de la cuve baptismale d'origine qui est octogonal. Il y a dans le cul-de-four de l'abside nord, la présence de cinq vases acoustiques. Le baptistère est invisible de l'extérieur car il est, à ce jour, inclus dans des constructions depuis le XIIIème siècle.

Autrefois surmonté d'une coupole avec lanternon, l'espace central est aujourd'hui voûté d'arêtes (restauration XIXème). Le baptistère a fait partie de la première liste de monuments classés en 1840.

Il a été remanié aux XIème, XIIème, XIIIème siècle, restauré au XIXème par les Monuments Historiques.

Les tours

Venasque est protégé naturellement par sa position sur un éperon rocheux.

Durant les époques troublées, le danger ne pouvait venir que des collines au Sud- Est.

Dès l'époque Romaine, une muraille infranchissable fut construite. Les portes actuelles sont le résultat d'une restauration du début du XXème siècle, faite par les Monuments Historiques. Elles simulent des portes de pont-levis d'un château qui n'ont jamais existé.

Cette imposante construction a servi de carrière de pierres pour bâtir entre autres l'école communale, et d'autres maisons sans doute !

Les remparts de Venasque sont classés Monument Historique depuis 1892.

Ils ont dû être consolidés à l'époque mérovingienne lorsque l'évêché de Carpentras fut transféré à Venasque.

L’église paroissiale Notre-Dame

Une source historique nous éclaire sur la datation de l'église. En 1258, l'abbé de Montmajour fit un don à l'évêque de Carpentras pour qu'il reconstruise l'église de Venasque. Le terme de reconstruction induit donc un édifice antérieur. Cet édifice primitif a du être bâti au VIème siècle, peut-être sous l'épiscopat de Saint Siffrein, car nous savons que ce dernier fit bâtir à Venasque une église dédiée à Sainte-Marie.

L'église du XIIIème siècle fut ensuite remaniée aux XVIIème et XVIIIème siècles.

L'aspect extérieur : des volumes francs bien équilibrés et une silhouette caractéristique
donnée par la toiture de pierre. Les proportions de cette église, aux arêtes nettes, donnent une apparence massive et imposante à l'édifice.

Le monument est orienté, c'est-à-dire que son choeur est dirigé vers l'est. Cette disposition classique d'une église est ici marquée d'une particularité : l'abside n'est pas dans l'axe de la nef. Cette singularité, que certains ont voulu voir symbolique, car rappelant le visage penché du Christ sur la croix, est plutôt due à l'intégration de l'édifice primitif du VIème siècle qui a pu être conservé dans la nouvelle édification du XIIIème siècle.

Des bas-cotés jusqu'au sommet du clocher, les masses architecturales s'étagent élégamment en s'amenuisant. Le clocher, est surmonté d'une balustrade. Sa toiture, à quatre pans, est décorée de motifs de crochets courant le long des arêtes. Surgissant des angles du clocher, quatre gargouilles saillantes permettent de cracher les eaux de pluie à distance des murs. La toiture est faite de dalles de pierre. Ce choix de matériaux pour la couverture d'un édifice est assez courant dans le Comtat, riche en carrières de pierre. Les murs et les toitures sont harmonieusement unifiés à travers ce matériau commun.

Deux portes pour cette église, la principale de style roman du XIIIème siècle et la
seconde du XVIIIème siècle aux lignes influencées par le baroque.

Le portail principal est d'époque romane. Abritée sous un porche voûté en berceau, la porte est encadrée par quatre colonnettes engagées, réunies par un corps de moulures passant au dessus de la porte : l'archivolte.
Les chapiteaux des colonnettes sont ornés de feuillages stylisés. L'un d'eux figure un aigle, un autre, endommagé, un visage humain.

A l'inverse du portail roman en retrait de la façade principale, la porte d'accès côté sud semble, elle, venir à l'avant des fidèles. La maçonnerie forme, en effet, un arrondi en saillie par rapport au mur. C'est notamment ce mouvement ondulatoire qui rapproche cette porte du style baroque. Le fronton triangulaire surplombant l'entrée est orné d'une inscription entourée d'un motif de guirlande. Au sommet de la porte, une statuette de la Vierge est placée dans une niche. Sa gestuelle des bras croisés sur la poitrine exprime sa dévotion à la mission qui lui a été confiée. Placée au-dessus de la porte, la statue rappelle le vocable de l'église dédiée à Sainte-Marie.